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Mortels courriels

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Chapitre 1

C’est un jeudi triste, aussi funèbre qu’un Vendredi saint.

La nouvelle paralyse tout le monde : Milène-Julia Vuchet est morte.

Ses enfants, Mathieu et Janice, la pleurent. Émile Vuchet, l’époux, n’est pas là. Il vient de plaquer femme et enfants ; ça lui ressemble bien, de fuir ses responsa- bilités humaines alors qu’il prône l’engagement professionnel. Il y a deux jours, Janice a tenté de l’atteindre, par courriel, puis par téléphone. La seule réaction est venue d’une collaboratrice qui lui a dit que son père se trouvait en déplacement, qu’il était inatteignable pour le moment, mais qu’elle allait transmettre le message le plus vite possible ; et elle avait donné à Janice quelques conseils : aviser la parenté, les amis, prévoir un repas, s’occuper des affaires administratives.

Le ciel est gris. Un vent de cafard chasse les feuilles mortes.

Mathieu renifle.

Janice s’active comme l’aurait fait Milène-Julia. Par moments, elle recherche la présence de Max, son ami, comme l’avait fait sa mère, avec Émile, quand ils s’aimaient encore.

Les cyclamens éclaboussent de sang les chrysanthèmes.

Les copines et les copains sont venus. Ils n’ont pas beaucoup d’argent ; le cœur gros, ils ont amené, 

dans des bougeoirs rouges, des bougies blanches, celles qui brûlent dans les cimetières et qu’on achète au supermarché. Antoine, un chien recueilli sur une plage espagnole, est de la partie. Humant la tristesse des humains, il gémit, pleure par moments.

 

Jean-Claude Grivel

 

Editions AlterPublishing

 


02/10/2021
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Le secret de la Sapinière

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Le secret de la Sapinière

...

Claude se retourne dans son lit ; ce diable d’orage gagne encore en violence... Un tonnerre détonne tout près.

Claude se dresse comme un ressort. Il croit avoir entendu frapper à la porte d’entrée.

Les arbres voisins gémissent.

Claude retient sa respiration.

Il lui semble que le vent a transporté un appel couvert par le grondement de l’orage. Un éclair déchire le ciel, illumine le jardin. Claude regarde dehors et son sang se glace subitement : pendant une fraction de seconde, il a aperçu une silhouette.

Soudain, on frappe à la fenêtre redevenue obscure ; Claude ne peut retenir une exclamation.

Claude bondit hors du lit, s’habille en hâte, va ouvrir la porte d’entrée.

— Ohé ! appelle Claude, dont les syllabes sont emportées par une rafale de vent.

Lorsque l’ombre surgit de la nuit, Claude ne peut s’empêcher de tressaillir.

— Comment, toi, Loulou ? constate-t-il avec un soupçon de déception.

En secret, il avait attendu Sam, son père.

Un coup de vent les asperge de pluie.

— Rentre vite, conseille Claude.

Il referme la porte sur son ami.

— Excuse-moi de te déranger à cette heure, commence Loulou.

Il se débarrasse de sa pèlerine. 

— Tu prends un cognac ?

— Volontiers, par ce sale temps.

Les deux amis prennent place au salon.

Le morbier égrène deux heures de sa voix centenaire.

— J’ai pensé t’en parler entre quatre yeux, Claude. Ça concerne Sam...

— Vas-y ! encourage Claude en fixant son ami.

— Je n’ai pas voulu que Monia nous entende...

— Tu crois que... commence Claude.

— On ne sait jamais. Et puis, depuis quelque temps...

— Tu aurais remarqué quelque chose de changé ?

— Il me semble que Jacky s’est épris d’elle...

— Ah oui ? Jacky, notre célibataire endurci ?

— En plus, le cousin de Monia, ce Paul Sourdres, je...

Un éclair lacère le ciel, un tonnerre explose immédiatement après.

— Il n’est pas tombé loin, celui-là, constate l’imprimeur, pragmatique.

— En effet, concède Claude qui remplit les verres à nouveau. Donc, tu penses que...

— Monia n’a qu’un deux-pièces. Le Terminus n’est pas grand et n’a pas de chambre d’hôte. Alors, ce cousin est peut-être plus un amant qu’un parent...

— Et Jacky, qu’en pense-t-il ?

— Il ne supporte pas la plaisanterie lorsqu’il s’agit de Monia. Un jour que Sam et moi avons dit que ce Paul Sourdres la couvait de yeux, Jacky s’est fâché tout rouge. Depuis, on n’a plus reparlé du cousin Paul qui a attendu presque trente ans avant de venir visiter sa cousine...

— Mieux vaut tard que jamais, avance Claude, un brin agacé par la tournure que prend la conversation.

— Surtout que ce cher cousin vient de plus en plus souvent.

— Et de mon père, attaque Claude, que sais-tu ?

— La dernière fois que j’ai vu Sam, c’était samedi passé, il y a donc juste une semaine, au Terminus. Il nous a parlé de ta venue ; il était tout content, ce qui contrastait avec l’humeur maussade de Jacky ; notre mécano surveillait du coin de l’œil le cousin Paul qui semblait devoir confier un secret à Monia, tant ils étaient près l’un de l’autre.

Le vent hurlant secoue de plus en plus Heurtebise ; des volets claquent au mur ; la pluie crépite sur les carreaux ; les arbres gémissent et des bourrasques descendent dans la cheminée ; on pourrait croire que tous les démons se sont donné rendez-vous lors de cette nuit d’orage.

Loulou, à cause de ce vacarme, se rapproche de Claude et continue en étouffant sa voix, comme s’il craignait qu’on ne l’entende.

— Puis, continue l’imprimeur, je...

À ce moment, lors d’un hurlement de vent qui ressemble à un sanglot de chien appelant la mort, la lumière s’éteint, plongeant la pièce dans l’obscurité. Les éclairs sporadiques transforment les ombres des objets en silhouettes menaçantes.

 

 

Editions AlterPublishing


02/10/2021
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Mortels courriels

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Chapitre 1

 

 

C’est un jeudi triste, aussi funèbre qu’un Vendredi saint.

La nouvelle paralyse tout le monde : Milène-Julia Vuchet est morte.

Ses enfants, Mathieu et Janice, la pleurent. Émile Vuchet, l’époux, n’est pas là. Il vient de plaquer femme et enfants ; ça lui ressemble bien, de fuir ses responsa-bilités humaines alors qu’il prône l’engagement professionnel. Il y a deux jours, Janice a tenté de l’atteindre, par courriel, puis par téléphone. La seule réaction est venue d’une collaboratrice qui lui a dit que son père se trouvait en déplacement, qu’il était inatte-ignable pour le moment, mais qu’elle allait transmettre le message le plus vite possible ; et elle avait donné à Janice quelques conseils : aviser la parenté, les amis, prévoir un repas, s’occuper des affaires administratives.

Le ciel est gris. Un vent de cafard chasse les feuilles mortes.

Mathieu renifle.

Janice s’active comme l’aurait fait Milène-Julia. Par moments, elle recherche la présence de Max, son ami, comme l’avait fait sa mère, avec Émile, quand ils s’aimaient encore.

Les cyclamens éclaboussent de sang les chrysanthèmes.

Les copines et les copains sont venus. Ils n’ont pas beaucoup d’argent ; le cœur gros, ils ont amené, dans des bougeoirs rouges, des bougies blanches, celles qui brûlent dans les cimetières et qu’on achète au supermarché. Antoine, un chien recueilli sur une plage espagnole, est de la partie. Humant la tristesse des humains, il gémit, pleure par moments.

 

Lorsqu’Émile Vuchet arrive à son ancien domicile, Janice, Mathieu et quelques potes écoutent Amaizing Grace. Des bougies grillent l’oxygène de la pièce. Émile se compose un visage de circonstance. Il est triste de la mort de son épouse, bien qu’il eût décidé de la plaquer, quelques jours auparavant, pour Josée.

— Tu fais quoi, ici ? demande hargneusement Mathieu.

— C’est… c’est quand même ma femme, patauge Émile Vuchet.

— C’était ! crache Janice.

On sonne. Un malabar amène une grande couronne ; c’est un chauffeur nommé Albert qui vient au nom de Transair ; cet employeur d’Émile Vuchet n’a pas lésiné sur la dépense.

Janice met le CD Comme le cerf crie…Tout le monde écoute silencieusement ce chef d’œuvre de Mendelssohn.

La police téléphone : il faut aller à la morgue, identifier la dépouille de madame Milène-Julia Vuchet.

Émile Vuchet charge la couronne dans sa voiture, ainsi que quelques fleurs en pots.

Le trajet à la morgue est lugubre. Émile Vuchet écoute les nouvelles de quinze heures.

 

Milène-Julia Vuchet rentre de sa sortie ornithologique. Quinze heures sonnent à l’église du quartier.

En arrivant devant la porte de leur maisonnette, elle entend Candle in the Wind accompagné par Antoine qui gémit. 

Elle ouvre précipitamment.

Le chien hurle à la mort.

Des bougies brûlent, des jeunes, assis en tailleur, écoutent la musique en silence.

Une jeune fille lève les yeux ; elle s’évanouit : elle a reconnu Milène-Julia, qui demande :

— C’est quoi, cette mascarade ?

Max, l’ami de Janice, est le premier à se reprendre. Il bredouille :

— Mais… mais… Madame Vuchet, on a annoncé votre décès.

 

 

Editions AlterPublishing


11/09/2021
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La Roue vers. papier et e-book

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En première partie, la Roue parle des relations entre la Suisse et la Russie à partir du 18e siècle : le Vaudois Fréderic-César de La Harpe de Rolle précepteur à la cour de Catherine II, les vignerons vaudois du Chabag, le don de Gabriel de Rumine à la ville de Lausanne, le combat de Nadeja Souslova pour être ordonnée médecin par l’Université de Zürich, les mariages fictifs, la révolution russe qui pousse de nombreux Helvètes à rentrer.

Puis l’histoire devient une saga régionale empreinte de querelles, d’injustices, d’amour, d’espoir.

 

Médaille d’argent (section roman) avec félicitations. Académie Internationale de Lutèce.

'' Nous retrouvons, détaillé, le sentiment aigu de la nature montagnarde, de ses beautés en toutes saisons comme toile de fond changeante de cette tragique histoire. Le personnage malchanceux de Gédéon honnête, de la douce Martine, s’opposent à la sordide méchanceté de Cassoux, le père indigne de Gédéon, la froide et lâche indifférence des paysans aussi. Mais je ne veux pas vous conter cette histoire, seulement transcrire avec quelle grâce l’écrivain nous la détaille, non seulement en peintre révolté et fantastique à la fois, mais en narrateur des travaux des champs, des coutumes et superstitions d’antan… La conclusion à la fois mystérieuse et allusive laisse un goût de rêve... '

 

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Médaille de bronze section « roman » le Scribe d’Or 2014

 

 

 

Critique de Madame Mousse Boulanger 

 

 

 

On peut dire qu’il s’agit en grande partie d’un roman historique. L’auteur, au début, aligne les dates et les références à l’empire russe. Le Vaudois Frédéric-César de la Harpe de Rolle s’était exilé à la cour de Catherine II où il était précepteur de deux jeunes princes. Après le Congrès de Vienne, 1814/1815, la Russie garda la Bessarabie prise aux Turcs. Sur ces terres  on cultivait des vignes et le Vaudois de la Harpe se souvenant du vignoble de son pays, proposa à l’impératrice de faire venir des vignerons près d’Odessa et de la mer Noire. Dès 1820 quelques personnes de la région veveysane s’intéressèrent à cette proposition et partirent vers la Russie, là ils reçurent 36 pieds de vignes et s’intégrèrent au vignoble déjà existant.

 

Inévitablement quelques personnages de Russie eurent envie de connaître la Suisse, des écrivains, des militaires et des princes. Ainsi, en 1840 le prince Basile Roumine liquida tous ses biens en Russie et, accompagné de sa femme il vint s’établir à Lausanne où, il fit construire une villa nommé Eglantine. Son fils le prince Gabriel hérita une fortune à la mort de son père dont plus de 5 millions destinés à la ville de Lausanne qui fit construire, en partie, le palais de Rumine, du nom du bienfaiteur.

 

Arrivèrent en Suisse des étudiants russes, particulièrement des jeunes femmes désireuses d’étudier dans nos universités qui, hélas, n’acceptaient pas le genre féminin. A force d’obstination Nadeja Souslova parvint à étudier la médecine avec le bon argument que dans son pays les musulmans refusaient que des mains masculines touchent leurs femmes. A la suite de cette victoire de nombreuses étudiantes russes affluèrent à Zürich.

 

      Parallèlement à Genève se développait des industries horlogères, bijoutières et de l’orfèvrerie, mais aussi la fabrication de pièces pour engins militaires. Le débouché vers la Russie ne tarda pas à se montrer intéressant.

 

L’Histoire hélas vint chambouler tous ces projets. Dès le 4 avril 1912 des ouvriers des mines russes se mirent en grève, il y eut des morts et des blessés. Un petit vent de panique s’instaura parmi les Suisses et certains songèrent à rentrer au pays. Après l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, à Sarajevo, en 1914 qui déclencha la guerre 14/18, l’hésitation n’était plus de mise, il fallait retourner en Helvétie.

 

Commence alors une véritable saga régionale. Le commerce d’armes devient évident, même si, déjà à cette époque, il était spécifié que ces armes servaient uniquement à se défendre ! Les querelles, les mariages, les naissances, les espoirs et les déceptions se succèdent dans un langage presque uniquement dialogué qui rend la lecture rapide et très attrayante. On quitte ce roman avec le sentiment d’avoir vécu en compagnie de personnages qui furent- peut-être nos ancêtres, mais qui certainement ont formé le pays dans lequel nous vivons aujourd’hui.

 

 


29/07/2015
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Le rêve de Mirabelle

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Alors que tout le monde dort dans le village de Loulouville, Mirabelle fait un drôle de songe… Parvenue à la porte du Pays des Rêves, elle est interpellée par Fidèle, un vieux chien chargé de contrôler les allées et venues. Si Mirabelle connaît bien ses tables de multiplication, elle sera autorisée à découvrir ce qui se cache derrière la porte !

Un jardin merveilleux, un laboratoire gourmand, un planétarium… Que de lieux extraordinaires à visiter pour Mirabelle, qui n’est pas au bout de ses surprises ! Elle va voyager dans le monde entier en compagnie de son nouvel ami Fidèle, tout en restant bien au chaud dans son lit…

- Comment est-ce possible ? Comment puis-je être dans ma chambre si je suis également ici ?

- Ça Mira, c’est tout le mystère des rêves.

Une histoire mêlant magie et découverte, avec des illustrations pétillantes, des animations, et des cartes interactives pour réviser sa géographie en s’amusant !

 

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17/05/2015
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